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Comment bien évaluer et prévenir les risques psychosociaux en entreprise

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La rédaction

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Stress, mal-être, épuisement professionnel (burnout), ennui (bore-out) ou souffrance au travail sont les termes souvent utilisés pour évoquer ce sujet très médiatisé qu’est le risque psychosocial. Mais à quoi correspond-il précisément ?

Les risques psychoscociaux (RPS) sont définis comme un risque pour la santé mentale, physique et sociale, dont les déterminants sont à rechercher à la fois dans les conditions d’emploi, les facteurs liés à l’organisation du travail et aux relations de travail et qui peuvent interagir avec le fonctionnement mental des individus.

Les harcèlements moral et sexuel font partie des risques psychosociaux spécifiquement identifiés dans la législation.

Comme pour tout risque auquel le salarié est exposé lors de son travail, le risque psychosocial fait l’objet pour l’employeur d’une obligation de sécurité qui n’est pas qu’une obligation de moyens mais une obligation de résultat. C’est donc un risque dont le dirigeant doit prendre la mesure afin d’en éviter des conséquences coûteuses et engageantes en terme de responsabilité.

La démarche de prévention peut être mise en œuvre à travers trois étapes.

Première étape : s’impliquer personnellement et impliquer les salariés

Le dirigeant décide au sein de son entreprise, de l’organisation du travail, des résultats attendus, de l’environnement physique, des conditions de travail, et jusqu’à un certain degré, des modalités de son exécution. C’est donc à lui de porter personnellement la démarche de prévention. Il n’est donc pas recommandé de « sous-traiter » cette action, que ce soit en interne ou en externe, même si sa mise en œuvre pourra être déléguée.

Communiquer sur ce qui va être fait auprès des salariés et les faire participer par la création d’un groupe de travail composé de volontaires est également crucial dès cette étape. Il est essentiel de faire contribuer les salariés à l’évaluation des risques.  

Deuxième étape : évaluer les facteurs de risques

L’idée est de « faire le point » sur les risques présents dans l’entreprise, pour cela le groupe de travail va noter ses propres observations et les enrichir d’un certain nombre d’informations qui existent déjà dans l’entreprise et qui sont utiles au regard de la question des risques psychosociaux. Les informations à répertorier seront notamment :

  • Les arrêts de travail : accidents du travail, maladies professionnelles, absences.
  • Les données transmises par le médecin du travail (fiche d’entreprise, courriers d’alerte).
  • Les questions posées par les éventuels délégués du personnel.
  • Les courriers du service d’inspection du travail.
  • Les lettres des services de la CARSAT-CRAM-CGSS ou de la MSA
  • Les alertes internes.

Le document unique d’évaluation des risques existant (document écrit obligatoire qui répertorie tous les risques qui pourraient être encourus par les salariés de l’entreprise).

A ce stade, on détecte les situations de travail dans lesquelles les salariés sont confrontés à des facteurs de risques et on tente de comprendre les leviers d’événements engendrant des situations à risque (naissance d’une rumeur, origine des nuisances, sources de la souffrance réelle ou supposée…).

Quel outil pour l’évaluation ?

L’outil « faire le point », développé par l’INRS, permet aux entreprises de s’interroger sur la présence ou non de RPS en répondant à une quarantaine de questions. Il fournit des clés de compréhension et des pistes d’actions pour les prévenir. Voir le site inrs.fr

Grâce au travail du groupe et aux résultats obtenus de l’outil, les principaux facteurs de RPS de l’entreprise sont mis en évidence.

Par exemple :

  • une charge de travail excessive ou mal répartie ;
  • un climat de tension entre les salariés, leur hiérarchie ou avec le public ;
  • une communication insuffisante à différents niveaux de l’entreprise ;
  • une incertitude pesante sur l’évolution de l’activité et son impact sur les emplois, etc.

Ce sont ces facteurs de risques contribuant à l’absentéisme, à une difficulté de fidélisation sur certains postes et au mécontentement des clients qui conduisent au mal-être des salariés.

Troisième étape : construire le plan d’action

Il s’agit maintenant de reprendre les facteurs de risques évalués à l’étape précédente et de définir les actions de prévention. Résultant des échanges au sein du groupe de travail et de l’analyse des facteurs de RPS présents dans l’entreprise, les actions sont spécifiques à chaque risque et à adapter au contexte spécifique de l’entreprise.

Exemple : Le groupe constate un défaut de qualité sur la chaîne de production causé par un dysfonctionnement de l’organisation du travail (absence de définition écrite et connue des rôles et missions de chacun, connaissance insuffisante des critères de qualité du produit fini).

Il propose les actions suivantes :

  • Mettre en place un organigramme pour identifier les responsables.
  • Etablir des fiches de poste définissant les rôles et missions de chacun.
  • Etablir une procédure de remplacement en cas d’absence sur des postes clés.
  • Organiser une régulation entre les techniciens et les chefs d’équipe en cas de dysfonctionnement.
  • Former les chefs d’équipe aux critères qualité du produit final en lien avec les techniciens.

A noter trois grands principes de prévention des risques psychosociaux :

  • Ne jamais laisser s’installer une rumeur, une situation conflictuelle lourde.
  • Communiquer de manière proactive face à une décision ou un événement à venir.
  • Ne jamais accepter une discrimination ou une violence de quelque nature qu’elle soit.

Les acteurs de la prévention à contacter

Le médecin du travail et les services de santé au travail sont des interlocuteurs privilégiés par leur proximité, leur mission est le conseil et l’appui aux entreprises. D’autres services de prévention peuvent aussi aider à l’analyse des risques professionnels : réseau des CARSAT-CRAM-CGSS, services de la MSA, l’OPPBTP, réseau ANACT-ARACT, services d’inspection du travail.

 

 

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