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L'ouïe, exposée et vulnérable dans la sphère du travail

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L'ouïe, exposée et vulnérable dans la sphère du travail

Docteur Bernard Montinet, ORL

© Chantal MONTINET

Comment prévenir son vieillissement précoce ? L'oreille commence à vieillir dès la naissance. Plus ou moins vite selon l'environnement dans lequel évolue l'individu et selon sa génétique. En seconde partie de vie, l'audition peut avoir décliné suffisamment pour que les échanges avec le monde extérieur deviennent plus laborieux. Cette perte d'acuité auditive, qui se manifeste notamment par des difficultés à comprendre les conversations, peut être pénalisante dans l'exercice de l’activité professionnelle. Jusqu'à entraîner, pour certaines personnes, une invalidité.

Retrouvez ci-dessous un extrait du témoignage du Docteur Bernard Montinet, ORL, publié dans la nouvelle étude de l’Observatoire du Groupe Optic 2ooo sur la question du vieillissement visuel et auditif des actifs de plus de 50 ans.

 

À partir de quand le vieillissement de l'oreille commence-t-il à être ressenti ?

La presbyacousie est une surdité qui n'est pas seulement due au vieillissement de l'oreille. Tout vieillit : le cerveau, les connexions synaptiques… Globalement et de façon très imprécise, on peut considérer qu'à partir de 45-50 ans, on commence  à ressentir une diminution de la perception de certaines fréquences. Les premiers soucis de compréhension se manifestent le plus souvent autour de 60 ans. Mais la baisse de l'acuité auditive démarre bien avant…

 

Pourquoi perd-on les fréquences aigues en premier et quelles en sont les conséquences ?

Les fréquences aigües sont sans doute plus fragiles, car sur le plan de l'évolution des espèces, elles ont été bâties en peu de temps sur un endroit très restreint de la base de la cochlée… Quand on avance en âge, les audiogrammes montrent en général une perte importante des fréquences aigues (sup à 4 KHz), suivie par une perte des fréquences moyennes (2 à  4 KHz). La perception des sons graves est en revanche souvent relativement bien préservée. Lorsque seules les fréquences supérieures à 4 KHz sont altérées, certaines sifflantes (s, f…) sont plus difficilement perçues. Entre 2 et 4 KHz se situent la majorité de ce qu'on appelle les "fréquences conversationnelles", c'est-à-dire les fréquences nécessaires distinguer  la différence entre les différentes consonnes. Or, les consonnes sont les vecteurs principaux du sens des mots, lorsqu'on perd les fréquences conversationnelles on perd la capacité à comprendre. On ne fait plus la différence entre pain et bain… C'est là que les confusions commencent, que les quiproquos se multiplient.

 

Comment sensibiliser les entreprises à l'importance de la prévention auditive ?

Les expériences que nous avons conduites ont montré qu'un ouvrier doté d'un appareil de protection avait une productivité accrue de 25 %. Ce genre d'argument fait mouche aussi bien sur le personnel que sur l'encadrement. Certaines industries peuvent être très bruyantes. Je pense particulièrement à un atelier de tissage dans les Vosges où nous étions intervenus pour que les employés se protègent. Beaucoup de salariés ne le souhaitaient pas. Ils affirmaient qu'ils n'entendraient plus le mouvement de la navette… Les protections ont aujourd’hui fait beaucoup de progrès. Les casques les plus récents font la part entre les phénomènes aléatoires et les phénomènes périodiques, ils laissent passer la parole et bloquent un certain nombre de bruits. Les bouchons d'oreille aussi ont progressé : pour les musiciens par exemple, ils laissent passer tout le spectre sans le modifier, sinon en intensité. Autre progrès, les casques antibruit actifs, qui produisent un contre-son qui va casser complètement le son agressif.

 

Quelles seront selon vous les conséquences du report de l'âge de la retraite ?
Il y aura probablement des adaptations de postes à prévoir. Il faudra expliquer aux entreprises que les gens qui souffrent d’une baisse de leur acuité auditive disposent de compétences et de savoirs essentiels pour l'entreprise, et qu’il faut trouver un moyen de gérer leur problème : par l'appareillage, par la modification des processus de travail, ou par l'organisation des locaux… L'open space par exemple peut-être très gênant pour un senior.

 

Pour lire la suite de l’article, cliquez ici.

 

Pour découvrir l’intégralité de l’étude et l’analyse des 5 experts, cliquez ici.

 

Le Docteur Bernard MONTINET est un médecin Oto-Rhino-Laryngologiste (ORL), Chirurgien cervico-facial, ancien chef de service du Centre Hospitalier Régional de Metz-Thionville, l’établissement hospitalier le plus important du département de la Moselle.

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