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Pénibilité au travail : la santé des salariés de l’ESS est mise en jeu

Céline Tridon

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Pénibilité au travail : la santé des salariés de l’ESS est mise en jeu

Travailler en crèche suppose des postures contraignantes et une exposition au bruit quotidiennes.

© D.R.

Les salariés du secteur de l’économie sociale et solidaire (ESS) ne ménagent pas leurs efforts et encore moins leur santé. Selon la mutuelle Chorum, la pénibilité de leur travail est évidente, même si elle ne correspond pas toujours aux critères officiels du compte personnel de prévention de la pénibilité (C3P).

Exposition au bruit pour le personnel de crèche, gestes répétitifs et port de charges dans l’assistance aux personnes, utilisation quotidienne de détergents et de produits nettoyants agressifs pour les agents d’entretien…  Les métiers de l’économie sociale et solidaire (ESS) sont très exposés à la pénibilité. Entré en vigueur au 1er juillet dernier, le compte personnel de prévention de la pénibilité (C3P) permet en effet aux salariés exerçant une activité pénible, d’accéder à une réorientation professionnelle (droit à la formation), à une réduction temporaire du temps de travail ou à un départ anticipé en retraite. Pourtant, le secteur de l’ESS peine à faire valoir sa pénibilité. C’est pourquoi, pendant un an, l’équipe Prévention et santé au travail de la mutuelle Chorum a réalisé de nombreuses observations dans des établissements médico-sociaux, des associations d’aide et de soins à domicile, des crèches... En tout, une quinzaine de métiers (aide médico-psychologique, auxiliaire de puériculture, agent de cuisine, agent de service logistique…) ont été ciblés dans cinq secteurs d’activité (handicap, EHPAD, crèches, aide à domicile et activités logistiques en établissement sanitaire et social) du fait de leur « composante physique importante ».

 

Des gestes répétés, mais sous-estimés

 

« Bien que les salariés de l’ESS soient la plupart du temps ‘non exposés » à la majorité des facteurs de pénibilité pris en compte dans le C3P, leur santé est indubitablement exposée du fait de la nature des activités et des conditions de travail », souligne Chorum dans son enquête. Parmi les facteurs de risques cités dans l’article D4161-2 du Code du Travail, ceux que l’on rencontre principalement dans les métiers de l’ESS sont liés à la nature de l’activité : travail de nuit, manutentions, postures pénibles… « Cependant, les seuils définis pour le C3P étant très élevés, peu de salariés de l’ESS pourront bénéficier des avantages liés à cette nouvelle réglementation », poursuit Chorum. La mutuelle cite par exemple le lever ou le port 600 heures par an d’une charge minimale de 15 kg. Même si un bébé peut peser moins, le personnel de crèche est amené à soulever les enfants bien plus souvent que 600 heures par an. Cette durée représente seulement entre le tiers et la moitié d’un temps plein. De même l’action de tirer n’est prise en compte qu’à partir de 250 kg. Dans le secteur médico-social, peu de salariés sont amenés à tirer une telle charge, mais ils manipulent pourtant chaque jour des chariots et autres équipements. Les pathologies des épaules y sont très répandues. Sans oublier les blessures aux articulations liées à des postures contraignantes, ou encore la fatigue nerveuse des salariés qui se font insulter ou crier dessus dans le secteur du handicap.

 

Des problèmes de santé pour huit salariés sur dix

 

Ainsi, sur une centaine de salariés rencontrés lors des entretiens de Chorum, 80 % d’entre eux ont des problèmes de santé importants et chroniques. Beaucoup ont décrit des douleurs physiques au dos, aux cervicales, aux mains, aux doigts, mais aussi des tendinites, des lombalgies, des lumbagos, des sciatiques… Des maux qui les ont amenés à être en arrêt de travail ou qui les ont obligés à consulter un spécialiste, à prendre des médicaments voire à se faire opérer. D’autant plus que la moyenne d’âge des salariés de l’ESS est élevée. Et avec l’âge, le risque augmente.

Pourtant, Chorum tient à souligner que, malgré les problèmes de santé, les salariés de l’ESS aiment leur travail. Le goût du contact, le sentiment d’utilité, le rapport d’aide et de soutien font qu’ils se sentent très attachés à leur métier.

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