Avec le soutien de
L'Argus de l'Assurance
Nous suivre

Nous suivre Je protège mon entreprise

Risques psychosociaux

Prévenir le burn out à travers une nouvelle culture du travail

Céline Tridon

Soyez le premier à réagir

Soyez le premier à réagir

Prévenir le burn out à travers une nouvelle culture du travail

Les exigences de travail, les délais raccourcis, la solitude sont quelques uns des éléments qui favorisent le burn out.

© Fotolia

François Cochet, président de la FIRPS est récemment intervenu lors de la commission d’information parlementaire sur le syndrome d’épuisement professionnel. Il a été question de prévention primaire : ce n’est qu’à travers des changements culturels forts dans le monde de l’entreprise que certains risques pourront être évités. 

Depuis plusieurs mois, une commission d’information parlementaire multiplie les auditions d’experts sur la thématique du syndrome de l’épuisement professionnel. En novembre dernier, c’est à François Cochet, président de la FIRPS (Fédération des Intervenants en Risques Psychosociaux) d’intervenir. Il insiste sur la prévention du burn out, qui doit encore s’intensifier. « Quand un cas de burn out survient dans une entreprise ou une administration, il y a une forme de sidération. Cette dernière est préoccupante car elle est paralysante. Or, il ne faut pas rester inactif tant qu’on ne sait pas encore exactement ce qu’est le burn out (puisqu’il ne possède pas de définition médicale, entre autres). Il faut toutefois essayer d’avancer de façon concrète et c’est du côté des situations qui favorisent l’épuisement professionnel qu’il faut intervenir », indique l’expert.

 

Les relations entre collègues réduisent les risques

 

Déceler les situations qui mettent les personnes en fragilité est du ressort de l’entreprise. François Cochet tient à différencier cette approche de la dimension proprement individuelle. Essayer d’identifier des aspects fragiles de la personnalité du collaborateur ne relève pas des compétences des managers. En revanche, les exigences du travail en tant que tel (intensité, surcharge, délais…), les exigences émotionnelles (fréquentes, par exemple, dans les métiers du social ou de la santé), l’insécurité socio-économique, les rapports sociaux sont autant d’éléments auxquels prêter attention. « Le burn out est en partie un phénomène de la solitude au travail. Plus un collaborateur est intégré dans une équipe, plus il sera soutenu. Les éventuelles difficultés peuvent être compensées par les collègues. A l’inverse, les milieux qui mettent en concurrence les salariés les uns avec les autres accroissent la possibilité d’un point de rupture », ajoute François Cochet.

 

Des efforts à mener dès la formation professionnelle

 

Parmi les pistes à creuser pour réduire les risques de burn out, il évoque notamment le développement du travail en binôme. L’entreprise souhaite confier un gros enjeu professionnel en interne ? En désignant deux collaborateurs (et non pas un seul chef de projet), elle rassure ses équipes. « C’est un procédé utile : les deux personnes peuvent échanger l’une avec l’autre. Si l’un des salariés a une difficulté particulière, l’autre peut prendre le relai… Et ainsi de suite. Mais ça reste tabou, convient l’intervenant. Cela va à rebours de la culture actuelle des entreprises et administrations françaises. »

De même, demander aux collaborateurs de s’engager à condition qu’ils aient une légitimité sur le projet, accorder des temps de pause entre deux périodes intenses, reconnaître les efforts engagés même si l’appel d’offre n’est pas décroché… Toutes ces attentions font partie de la prévention primaire, celle qui s’approche au plus près des origines du burn out. Au premier abord, elles peuvent sembler banales. En réalité, elles témoignent d’un besoin de changement fort.

« Elles renvoient au management le plus haut dans l’entreprise, car elles ne peuvent être décidées que par le dirigeant, souligne François Cochet. C’est pourquoi, parmi les autres pistes à explorer, il faut réorienter la formation professionnelle sur ce thème de l’épuisement professionnel. Dès l’école, il faudrait fournir aux futurs grands managers une solide formation en sciences sociales. Il faut leur donner les moyens de comprendre ce qu’est l’homme ou la femme au travail…» 

Nous vous recommandons

Une coopération pour prévenir du risque de stress au travail des chefs d'entreprise et conjoints du bâtiment

Une coopération pour prévenir du risque de stress au travail des chefs d'entreprise et conjoints du bâtiment

GARANCE, la CAPEB et IRIS-ST ont décidé de renforcer leur coopération pour accompagner les chefs d'entreprise et les conjoints des entreprises artisanales du bâtiment afin de mieux préserver leur[…]

19/12/2017 | Risques psychosociaux | Dirigeant
Responsabilité du dirigeant : obligation de remédier à la souffrance au travail

Responsabilité du dirigeant : obligation de remédier à la souffrance au travail

Chefs d'entreprise en difficulté : lancement des CIP de Bobigny et de Nanterre

Chefs d'entreprise en difficulté : lancement des CIP de Bobigny et de Nanterre

Travailleurs indépendants : une étude sur la santé et les risques professionnels

Travailleurs indépendants : une étude sur la santé et les risques professionnels

Plus d'articles
Nous suivre
Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookiesOKEn savoir plusX