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Santé connectée : les débats qui attendent ses acteurs dans les prochaines années

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Santé connectée : les débats qui attendent ses acteurs dans les prochaines années

© D.R.

Difficile, pour les pouvoirs publics comme les groupes privés, d’ignorer désormais l’impact grandissant de la santé connectée. Mais de ce secteur empli de promesses, émergent de nombreuses thématiques encore en suspens.

100 000 applications actuellement disponibles, un potentiel de dizaines de millions d’objets de santé connectés dans le monde d’ici 2020… et un Français sur deux intéressé par l’acquisition d’un tel objet : la santé connectée est l’une des principales, sinon la principale, voie de développement actuellement analysée par les acteurs de la santé.

 

Les objets connectés dans leur intégralité et leur diversité représentent, plus généralement, une oasis économique ne demandant qu’à être exploitée : le nombre d’objets connectés dans le monde devrait atteindre des dizaines de milliards d’unités en 2020. Son potentiel économique est ainsi estimé par Gilles Babinet et Robert Vassoyan, dans un récent rapport pour l’Institut Montaigne, à 162 milliards d’euros en 2025 rien qu’en France !

 

Le champ de la santé, toutefois, présente de nombreuses particularités, notamment quant aux données personnelles : plusieurs débats d’importance, émergents aujourd’hui, vont rapidement devenir primordiaux.

 

Santé vs. Bien-Être

 

Les premières incursions de la « santé connectée », prise au sens large, au sein du monde des complémentaires santé, ont en réalité plutôt concerné la thématique du bien-être. Les traqueurs d’activité permettant de compter le nombre de pas, les outils d’analyse du nombre de calories brûlées, ont d’abord un but d’évaluation avant la prévention.

 

Les acteurs du monde de la complémentaire santé commencent, depuis quelques mois, à s’emparer du sujet et, désormais, à proposer des objets de santé connectés au sein de leurs offres. Axa, avec son premier partenariat avec Withings (2014) et Audiens, avec Garmin, propos(ai)ent des traqueurs d’activité aux premiers contractants de leurs offres. Harmonie Mutuelle, de son côté, a choisi une autre voie en s’alliant avec l’application santé Betterise, véritable portail de conseils pour que les patients soient acteurs de leur propre santé.

 

>> A LIRE. Ce que la santé connectée va changer pour les complémentaires santé

 

Mais à côté de ces tensiomètres, balances connectées et autres traqueurs, c’est du côté des maladies chroniques que le potentiel des objets de santé connectés s’avère particulièrement prometteur. C’est d’ailleurs, dans un sens, l’avis du Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM) qui préconisait récemment une prise en charge par la Sécurité sociale des objets de santé réellement utiles, une fois bien différenciés des produits bien-être. Les professionnels de santé, pour l'heure encore peu prescripteurs (un médecin sur six conseille des applications, un sur vingt prescript un appareil connecté), ont toute leur place dans ce processus.

 

La question des données de santé

 

Qui dit objets connectés dit données communiquées par l’utilisateur de ces objets. Or, et notamment dans le monde de la santé, ces données peuvent intéresser un très grand nombre d’acteurs – pour des buts pas toujours transparents.

 

Ce sujet sensible a notamment été évoqué durant l’examen parlementaire de la loi Santé et, en particulier, son article 47 : enjeu, la création d’un « système national des données de santé », fichier ouvert au public, anonymisé, représentant un important potentiel pour la recherche médicale mais avec des garde-fous de la part de la Commission nationale de l’informatique (Cnil).

 

Comment réagissent les médecins et les patients face à cette question émergente ? Derrière l'évident potentiel de développement, les professionnels de santé craignent toutefois une mise en danger du secret médical. Les patients, de leur côté, sont globalement peu rassurés quant à l’utilisation de leurs données… mais sont tout à fait à même de les partager avec leur médecin (ainsi que leur pharmacien, dans une moindre mesure). Ainsi, seul un Français sur 10 considère que l’analyse de ces données personnelles devrait leur être réservée.

 

Y a-t-il un modèle économique ?

 

Devenue un thème d’actualité majeur dans le monde de la santé, ces objets connectés ont un potentiel de développement quasiment infini : les premiers pas de ce marché, toutefois, incitent à une certaine prudence.

 

Ces objets, aux prix encore élevés, sont également délaissés au bout de six mois par un tiers des utilisateurs, note une étude du cabinet Gfk. Le marché des applications santé est de son côté en construction, peu/mal référencées sur les différents Stores et à la qualité aléatoire (un cabinet spécialisé comme dmd Santé ne recommande qu’environ 20% de ces applications).

 

Les géants que sont Apple, Google ou encore Samsung devraient, une nouvelle fois, changer la donne : leurs téléphones incluent depuis plusieurs années un nombre croissant d’outils d’évaluation, comme l’application Santé sur iOS 8. Mais leur progression ne s’arrêtera pas là : Apple a ainsi lancé en 2014 son HealthKit (centre de gestion des applications forme/fitness téléchargées) puis, en mars 2015, son ResearchKit (application pour collecter des données de santé) - sans omettre les potentialités de la nouvelle Watch.

 

Samsung et Google investissent également ce créneau (application Google Fit, rachat de Lift Labs…) et contribueront de même, à court terme, à l’industrialisation (et donc à la chute des prix) des objets de santé connectés : le big bang de la santé connectée n'est donc, pour l'heure, pas encore survenu.

 

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