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Télétravail : entre avantages et maitrise des risques

Céline Tridon

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Télétravail : entre avantages et maitrise des risques

Deux salariés sur trois sont favorables au télétravail.

© Cattaruzza Nathalie

Souvent présenté comme un pilier de la qualité de vie au travail, le télétravail est un sujet qui gagne en importance. Mais pour respecter le bien-être des salariés, la pratique doit être encadrée.

Mutation du travail, essor des nouvelles technologies, mobilité facilitée… Tout concourt à faire du télétravail la nouvelle norme de la vie professionnelle. D’après une étude Randstad dévoilée en juillet 2016, 64  % des salariés y seraient favorables. Gage d’une meilleure qualité de vie au travail, le télétravail est souvent synonyme de souplesse. Avec moins de temps passé dans les transports, les salariés concilient plus facilement vie professionnelle et vie personnelle.

Les entreprises qui n’ont pas encore le réflexe « télétravail » vont donc devoir se pencher rapidement sur la question. En effet, la loi Travail adoptée le 8 août 2016 précise qu’avant le 1er octobre de cette année, une concertation sur le télétravail doit avoir lieu avec les partenaires sociaux. Ces derniers sont invités à se mettre autour de la table pour relancer ce mode d’organisation du travail. La concertation va s’appuyer sur un état des lieux du taux de télétravail par branche et sur les métiers éligibles. Elle donnera lieu à un guide de bonnes pratiques, qui pourra servir de référence lors de la négociation d’un accord d’entreprise.

"On assiste à un déplacement du travail en dehors des horaires classiques. D’où la nécessité d’encadrer les pratiques."

 

Un déplacement des horaires de travail

 

« Les accords d’entreprise ne sont pas obligatoires pour la mise en place d’un télétravail. Ce qui prévaut, et ce depuis la loi de mars 2012, c’est un avenant au contrat. A ce jour, on estime que seulement 73% des salariés en télétravail régulier ont reçu un avenant à leur contrat de travail, souligne Marion Denneulin, responsable de département au sein du cabinet Technologia, spécialiste en prévention des risques psychosociaux. Toutefois, un accord d’entreprise permet de formaliser la pratique en interne : période d’approbation, mise en place du dispositif, modèle d’avenant, commission de suivi… Il permet d’organiser le télétravail. » L’objectif ? Limiter les dérives pour s’assurer que le télétravail ne se retourne pas contre le salarié.

Le cabinet Technologia et son fondateur Jean-Claude Delgènes ont organisé une matinée d’échange sur le sujet. Face à un réseau de représentants du personnel, l’expert évoque la « zone grise » du télétravail : « le télétravail répond à une aspiration forte des salariés. Ces derniers sont de plus en plus urbains et travailler de chez soi permet de limiter l’impact des transports en commun sur la gestion du stress. En revanche, avec le télétravail, les plages horaires s’étendent. On assiste à une intensification et un déplacement du travail en dehors des horaires classiques. D’où la nécessité d’encadrer les pratiques. » Toujours selon l’étude Randstad, le télétravail séduit certes, mais seulement de manière ponctuelle. 35 % des répondants préfèrent y avoir recours occasionnellement, et à peine 17 % un jour fixe par semaine. Avec le télétravail, les salariés craignent en effet une perte de leur lien social : enfermés dans leur bulle, ils s’éloignent de leurs collègues.

 

Le télétravail, Grande Cause nationale ?

 

« Le risque du télétravail est d’assister à un étiolement des collectifs de travail, qui permet à l’individu d’échanger, de s’enrichir intellectuellement, de s’inspirer… Le salarié en télétravail ne doit pas s’éloigner trop longtemps de son entreprise (maximum deux jours par semaine), au risque sinon de s’éloigner de l’émulsion générale », confirme Jean-Claude Delgènes. L’idéal ? « Un mix où il y a à la fois de la confiance et un contrôle », résume-t-il. A l’entreprise, donc, de faire évoluer le management vers une posture d’accompagnement des salariés, tout en veillant au maintien de la cohésion d’équipe. Elle doit fixer un cadre et des objectifs précis de mission, tout en s’assurant qu’ils n’empiéteront pas sur le temps de vie privée. Si le télétravail doit devenir un objet de dialogue social, d’autres espèrent en faire la « Grande Cause nationale 2018 ». C’est en effet le souhait du député LR Pierre Morel-A-L’Huissier qui a déposé pour cela une proposition de loi au début du mois de septembre. 

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