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Le burn-out en débat à l’Assemblée Nationale

Céline Tridon

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Le burn-out en débat à l’Assemblée Nationale

Le burn out s'inscrit dans la relation qu'entretient un individu avec son travail.

© Salque Jean-Louis

Le burn-out est aujourd’hui un terme popularisé, mais dont la définition reste floue. Une mission d’information parlementaire est chargée d’éclairer le débat, voire de le faire déboucher sur des préconisations législatives. Durant plusieurs mois, la mission va auditionner une soixantaine d’invités. Le deuxième round s’est tenu début septembre à l’Assemblée Nationale.

Le burn-out est-il une pathologie médicale ? Peut-on le détecter en amont ? Est-il plus ou moins impactant que la dépression ? Faut-il légiférer sur le temps de travail pour le prévenir ? Autant de questions soulevées par la mission d’information parlementaire sur le syndrome d’épuisement professionnel. Devant son président, le député LR Yves Censi, et le rapporteur PS Gérard Sebaoun, chercheurs, médecins, associations de victimes, psychologues se succèdent pour apporter leur éclairage particulier sur la question. Dans quelques mois, la mission d’information rendra son rapport et préconisera, peut-être, une intervention législative sur la question du burn-out. Pour l’heure, le débat se poursuit et s’alimente à chaque cession.

 

Un mal rattaché au travail

 

La véritable problématique du burn-out réside en effet dans le manque d’une définition claire. Le burn-out n’est pas, à ce jour, une maladie (l’Académie de Médecine ayant refusé de le cataloguer en tant que telle). Il relève davantage d’un processus psycho-social, car il ne concerne que la sphère professionnelle. « Le burn-out est une forme d’épuisement parmi d’autres, mais il est lié à l’engagement professionnel. Il traduit la souffrance d’un salarié », tente de résumer Marc Loriol, sociologue et chercheur au CNRS. La psychologue du travail Catherine Vasey complète : « le burn-out est un syndrome d’épuisement professionnel dû à un stress chronique. A l’inverse de la dépression, il s’agit d’un déséquilibre physiologique qui entraine un déséquilibre psychologique. Il change alors la perception de voir le monde, plus négative, plus restreinte. » Surmené, un salarié se désintéresse de son travail. Il déshumanise l’environnement dans lequel il se trouve et ne parvient plus à avoir des projets professionnels. C’est pourquoi, il est nécessaire d’agir sur le rapport qu’entretient un salarié à son travail, selon une logique de prévention. 

"Le burn-out est la manifestation d’une énergie perdue que le salarié ne parvient pas à récupérer."

 

 

La prévention collective…

 

Reste à savoir par où commencer cette prévention. Les intervenants sont divisés. La prévention doit-elle être guidée, ou pas, par le législateur ? Autrement dit, doit-elle faire l’objet d’un texte de loi ? Certains, comme Hervé Lanouzière, directeur général de l’Anact, préconisent une réorganisation légale du travail : « le burn-out est la manifestation, au sein des risques psychosociaux (RPS), d’un travail qui dysfonctionne. Or, aujourd’hui, les entreprises prennent en compte la notion de ‘condition de travail’ car elles doivent s’adapter aux problèmes d’attractivité, de turn over, d’absentéisme… Soit autant d’éléments qui donnent des taux d’engagement  et de productivité faibles. Il y a une vraie prise de conscience de la prévention santé en entreprise. Il faut donc veiller à ce qu’elle soit essentielle aussi dans le législatif, en indiquant comment on évalue une charge de travail, comment on s’assure qu’un salarié bénéficie de tout le soutien nécessaire, etc. »

 

… ou individuelle

 

D’autres, comme Catherine Vasey, considèrent que la prévention ne peut venir de l’extérieur. Elle doit se décider dans l’entreprise, au plus près des collaborateurs concernés. Une prévention est même possible à l’échelle individuelle. «  Lorsque j’interviens en entreprise, je tiens à montrer comment un collaborateur peut se protéger lui-même. Le burn-out est la manifestation d’une énergie perdue que le salarié ne parvient pas à récupérer. Mais il peut s’interroger : qu’est-ce qui m’use ? Pourquoi je perds cette énergie ? Comment je peux me ressourcer ? », avance Catherine Vasey. En étant bienveillant envers lui-même, le salarié réduit les risques de burn-out. Bien sûr, la responsabilité de l’entreprise n’est pas reléguée aux oubliettes : aux  managers aussi de savoir détecter les situations à risque et de pratiquer des dépistages précoces.

Dans tous les cas, la clé du débat réside dans une juste reconnaissance du travail effectué. En se sentant utile, un salarié sera moins découragé et donc moins sujet à un épuisement fatal.

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