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Les aidants actifs : des personnes encore plus touchées dans leur identité propre

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Les aidants actifs : des personnes encore plus touchées dans leur identité propre

© gpointstudio - Fotolia

Endosser le rôle d’aidant n’est pas sans risque pour l’intégrité de la personne. Les aidants actifs sont d’autant plus soumis à ce risque que l’équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie personnelle peut être fragilisé par leur rôle auprès de la personne aidée.

« À un moment, tu te retournes et tu t’aperçois que ta vie à toi, du coup, elle est passée un peu… à la trappe. » (1) Combien d’aidants ont déjà exprimé ce ressenti ? 10 % seulement de ceux qui mobilisent les institutions assurant leur couverture sociale ou santé recherchent une aide pour eux-mêmes (1) : beaucoup n’ont pas conscience des risques qui jalonneront leur parcours ; l’imagerie collective simplificatrice qui circule autour de leur rôle a fini par altérer la qualité de leur prise en considération.

 

Les aidants actifs ne sont pas épargnés. Leur profil diffère pourtant de celui de l’aidant « type » : jeune retraité au service de son père ou de sa mère vieillissant. Un quart des aidants actifs s’occupe ainsi quotidiennement d’une personne handicapée – souvent un parent – et, alors qu’on pourrait les croire mieux entourés et épaulés par des personnes dynamiques et en pleine capacité de leurs moyens, 43 % assument leur rôle totalement seul (1). Plus isolés que les aidants au global. Alors qu’assumer le rôle d’aidant impacte déjà fortement une personne sans activité, la question de l’équilibre vie professionnelle/vie personnelle s’ajoute immédiatement à la problématique pour un aidant actif. Peut-il continuer à conserver son efficacité au travail alors qu’il doit effectuer une foule de tâches auprès de la personne aidée, qu’il est préoccupé, qu’il a du mal à se concentrer ?

 

 

Préserver l’aidant en tant que personne

Pour comprendre les aidants et les risques auxquels ils sont confrontés, il est impératif de s’intéresser à la façon dont ils vivent leur rôle en tant que personne. L’épuisement dont ils souffrent, d’abord : plus de 9 % des aidants sont déjà dans un état de fatigue poussée lorsqu’ils commencent des démarches (1). La dégradation relationnelle, ensuite : aider une personne en perte d’autonomie ne signifie pas systématiquement se rapprocher d’elle. La situation peut même tendre les relations avec cette dernière, voire avec d’autres membres de la famille. La dépossession de soi, enfin : l’aidant a fréquemment l’impression de délaisser ses autres rôles et de mettre sa vie personnelle entre parenthèses.

 

Les répercussions psychiques du rôle d’aidant ne sont cependant pas seulement issues de difficultés psychologiques. Elles pourraient même en grande partie être atténuées grâce à une organisation préservant mieux le temps pour soi et pour ses proches, la diversité de ses activités et la prise en compte de ses aspirations personnelles. Elles sont très souvent mises de côté avec les meilleures intentions du monde.

 

Penser soutenir l’aidant actif en le soulageant de son travail serait, par exemple, une erreur. Le fait de devenir aidant peut nécessiter un aménagement des temps de présence, une aide au repos ou la mise en place de prestations réalisées par des tiers. Mais cela n’implique pas systématiquement un congé annuel ou des jours de RTT toutes les semaines.

 

Quand on les écoute, les aidants actifs ne le demandent d’ailleurs pas. L’emploi est pour eux une chose essentielle qui leur permet de pouvoir souffler, de pouvoir se consacrer à autre chose qu’aux tâches qu’ils ont auprès de la personne aidée. Pour certaines personnes en situation d’aidant, c’est même une soupape de sécurité qui leur permet d’avoir un argument pour couper une visite ou raccrocher leur téléphone.

 

La prégnance des difficultés organisationnelles

Et puis – on l’oublie parfois – certaines personnes s’épanouissent dans leur travail. Beaucoup trouvent leur utilité sociale dans leur activité professionnelle. Leur dire d’abandonner partiellement ou totalement leur emploi pour pouvoir accomplir au mieux leur rôle d’aidant les priverait de cette dimension identitaire forte. C’est un des risques majeurs du rôle d’aidant : se perdre, ne plus agir pour soi, et finalement ne plus conserver sa propre image en se mettant trop au service de la personne aidée.

 

La fonction d’aidant repose sur cette capacité à savoir s’organiser dans le cadre d’équilibres précaires. Les besoins de l’aidant ne doivent pas être envisagés uniquement sous l’angle de la quantité mais bien sous l’angle de la finesse des ajustements possibles entre les solutions envisagées et les différents protagonistes en présence. Si l’on cherche à accompagner ce public, une démarche préventive semble primordiale en prenant en compte les caractéristiques de chacun dans ses dimensions tout autant relationnelles que plurielles et privées.

 

(1) Source : DOMPLUS Priorité à la personne, étude « Les Aidants : des personnes à l’intégrité menacée, la nécessité d’une démarche préventive », janvier 2016.

 

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