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Pourquoi il est difficile d’estimer le renoncement aux soins pour raisons financières

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Pourquoi il est difficile d’estimer le renoncement aux soins pour raisons financières

© D.R.

Une récente note de la Drees analyse le biais posé par la formulation des questions posées lors des différentes enquêtes sur le renoncement aux soins – avec des écarts parfois surprenants.

Quelle est l’ampleur exacte du renoncement aux soins en France ? Ce phénomène est au cœur de nombreuses politiques publiques quant à l’accès aux soins médicaux : il fait également partie des principales justifications de la réforme de la généralisation de la complémentaire santé, parmi d’autres indicateurs comme le reste à charge pour les patients.

 

De nombreuses études ont déjà été publiées pour tenter de le quantifier, qu’elles soient d’origine française ou européenne. Mais toutes souffrent d’un biais mis en avant par une récente étude de la Drees, publiée fin juillet : la formulation des questions de ces études impacte fortement sur les résultats.

 

La notion de renoncement pour raisons financières se révèle ainsi subjective, notent les deux auteurs de cette étude, Renaud Legal et Augustin Vicard (à lire ici). Via le baromètre d’opinion de la Drees de 2013, ils ont pu analyser et interroger cette notion via quatre échantillons différents.

 

15 points de différence selon les questions

 

A chacun de ces quatre échantillons* a été soumis un dispositif particulier quant à la formulation de l’interrogation. Deux d’entre eux précisaient ainsi d’emblée le caractère financier de ce renoncement aux soins, là où les deux autres introduisaient ce sujet de manière générale avant de préciser la raison de ce renoncement – son caractère financier étant un critère parmi d’autres. De même, deux des quatre échantillons précisaient d’emblée le type de soins concerné, là où cette demande était reportée de la même manière pour les deux autres dispositifs.

 

Résultat : lorsque la question se fait particulièrement précise (caractère financier et type de soins précisés d’entrée), 36% des personnes interrogées admettent un renoncement aux soins. Dans l’autre sens, lorsque ces deux données ne sont introduites que dans un second temps, ce taux descend à 21% - soit une baisse de 15 points !

 

>> A LIRE. Santé trop chère : pourquoi ça peut changer

 

Ces importants changements de formulation ne modifient toutefois pas deux points d’importance. Les populations les plus touchées par le renoncement aux soins n’évoluent pas en fonction des questions posées, de même pour les soins de santé où les renoncements sont les plus importants.

 

Ainsi, comme le détaille sans surprise cette note de la Drees, « les femmes renoncent plus que les hommes, les individus célibataires plus que ceux en couple, les ouvriers et les inactifs davantage que les cadres ou les professions intermédiaires, les non couverts davantage que les personnes couvertes par une couverture complémentaire santé, les non diplômés ou titulaires du brevet, d’un CAP ou d’un BEP davantage que les titulaires du baccalauréat ou d’un diplôme de l’enseignement supérieur ».

 

De même, la précision ou l’imprécision de ces questions sur le renoncement aux soins n’influe pas sur les types de soins où les renoncements sont les plus importants : le dentaire est ainsi le poste le plus difficile (autour de 20% de renoncement), assez loin devant l’optique (12%), dans la lignée d'un récent sondage pour le compte de la Mutualité Française. Ces deux postes constituent d’ailleurs deux des principaux pôles du « panier minimum de soins », que devra couvrir toute complémentaire santé d’ici au 1er janvier 2016.

 

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* Données collectées du 14 octobre au 26 novembre 2013 auprès d’un échantillon de 4 000 personnes, représentatif de la population âgée de 18 ans ou plus en France métropolitaine, pour l'édition 2013 du baromètre de la DREES.

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