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Santé connectée : ce qu’elle va changer pour les complémentaires santé

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Santé connectée : ce qu’elle va changer pour les complémentaires santé

© D.R.

Le monde de la santé pourrait-il être bouleversé par la « santé connectée » ? Derrière cette expression de plus en plus commune, se cache une multitude d’enjeux pour l’ensemble des acteurs de la santé, des patients aux professionnels en passant par l’Assurance maladie et les complémentaires.

Des bracelets intelligents aux applications mobiles : avec la santé connectée, le monde de la santé vit depuis quelques années une évolution qui pourrait, à terme, constituer une révolution. Celle-ci concerne tout autant les professionnels de santé que les patients, avec une relation entre eux de plus en plus « distanciée ». Elle concerne également, à moyen terme, l’Assurance maladie et les acteurs du monde de la complémentaire santé.

 

Ces appellations de « santé connectée » et d’ « objets de santé connectés » regroupent une nouvelle génération d’outils, en lien avec les dernières évolutions technologiques (smartphone, tablette, télémédecine…) : on parle alors, selon le terminal, d’ « e-santé » ou de « m-santé ».

 

D’abord centré sur l’évaluation (nombre de pas parcourus, nombre de calories brûlées suite à un effort physique…), le champ d’action de ces objets s’est élargi à la prévention : balances, podomètres et autres tensiomètres connectés ont ainsi pour but de permettre aux Français de gérer leur santé de manière plus directe et personnalisée.

 

La santé connectée passe ainsi par les applications, comme l’application mobile communautaire Sant.ee ou le récent « Chèque Santé ». Mais entre mesure de performances, amélioration du bien-être et réel besoin médical, le champ d’action de la santé connectée n’est pour l’heure pas figé.

 

L’enjeu des données de santé

 

Derrière ces objets connectés revient régulièrement la question des données. Le monde de la santé s’est en effet « digitalisé » quelque temps après les autres, en raison du caractère sensible de ces « data » et des contraintes réglementaires qui pèsent sur elles.

 

Dans un contexte général d’ouverture des données de santé, cette utilisation des données pose de nombreuses questions pour les professionnels : la moitié des médecins interrogés dans le cadre d’un récent baromètre Odoxa y voyait une « menace » pour le secret médical… mais les utilisateurs finaux de ces objets connectés, de leur côté, semblent moins inquiets.

 

Un sondage Ifop pour le groupement de pharmaciens PHR publié mi-février montre en effet que les Français n’ont pas d’opposition de principe à partager les données traitées par ces objets connectés avec les professionnels de santé (médecins et pharmaciens). Seulement un Français sur dix considère en effet que l’analyse de ces données devrait leur être réservée, contre 50% pour le médecin, 3% pour le pharmacien et 37% pour le médecin et le pharmacien en concertation.

 

La CNIL s’est elle aussi emparée du sujet du « quantified self », mettant en garde les utilisateurs face au caractère plus ou moins public des données alors communiquées : « Il est ainsi particulièrement important de réfléchir aux données qui vont être stockées et publiées en ligne et de déterminer, parmi les proches, qui pourra y avoir accès ».

 

Les Français se laissent séduire… petit à petit

 

Dans un contexte plutôt morose pour le high-tech, le marché de la santé connectée connaît une belle croissance en France depuis quelques années. 200 000 bracelets de suivi d’activité ont ainsi été écoulés en 2014, note le cabinet GfK, montrant toutefois que ce marché reste pour l’heure une niche.

 

50 000 objets de santé connectés ont ainsi trouvé preneur (balances connectées, brosses à dents, tensiomètres…) selon les calculs de GfK. Les Français, toutefois, ont une perception visiblement différente du périmètre de ces objets, puisque 13% d’entre eux estiment posséder un tel objet chez eux (et 27% des 18-24 ans), note le même sondage Ifop/PHR.

 

Une autre étude signée Médiamétrie note que 5% des Français possèdent au moins un objet connecté (montre, lunettes ou bracelet), mais 61% se disent familiers avec ce concept… et 51% envisagent d’en acheter un. La niche pourrait bientôt devenir une oasis économique.

 

Bientôt une prise en charge des objets connectés ?

 

Face à cette vague montante, l’Assurance maladie, pour l’heure, ne prend pas en charge ces objets de santé connectés : leur apparition, récente, s’accompagne de questionnements en cours sur les données utilisées… ainsi que sur leur réelle utilité. Les complémentaires santé, de même, n’ont pour l’heure pas franchi le pas – à l’exception d’Axa qui, dans une formule test, a proposé en juin 2014 à certains de ses adhérents une offre couplée avec un tracker d’activité Withings.

 

Cette situation pourrait toutefois rapidement évoluer, que ce soit pour l’Assurance maladie et les complémentaires santé. Un récent livre blanc du Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM) préconise en effet une prise en charge de ces objets « par la collectivité », une fois qu’auront été différenciés les simples gadgets « bien-être » des produits médicalement utiles.

 

Les complémentaires santé, de leur côté, suivent ce dossier de près. La réforme de la généralisation s'accompagne ainsi d'encadrements des prises en charge (optique, dentaire, hospitalisation...) qui pousse les acteurs de ce marché à s'intéresser de plus près aux services afin de se différencier. En plus de l'assistance et des services en ligne, la santé connectée pourrait-elle devenir une composante de base des prochaines offres de couverture santé ?

 

Dans un contexte d’économies sur les dépenses de santé, la santé connectée pourrait aider à réduire ces coûts, malgré le vieillissement de la population et le poids de plus en plus important des maladies chroniques. Mais, écartelé entre une législation contraignante, une régulation inconstante et une innovation permanente, ce marché reste encore le foyer des prospectives et des hypothèses, que les prochaines années devraient confirmer… ou infirmer.

 

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